Editorial

15 août 2020
Lourdes en Alsace

 09 août 2020

19ème Dimanche du Temps Ordinaire

Confiance, c’est moi, n’ayez plus peur !

   Dans l’évangile de ce dimanche (Mt 14, 22-33), les disciples sont troublés et crient de peur à la vue du Maître qui marche sur l’eau, a commenté François dans une de ses récentes homélies. Ils prennent Jésus pour un fantôme, mais Lui les rassure : « Confiance, c’est moi, soyez sans crainte ! » Dans un mélange de méfiance et d’enthousiasme, poursuit le pape, Pierre demande une preuve à Jésus : « Si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux ». Mais effrayé par la violence du vent, Pierre commence à sombrer. Tandis qu’il le saisit, Jésus le réprimande : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

   A travers ces épisodes, le Seigneur nous parle aujourd’hui et nous demande de Le laisser nous libérer de nos peurs. La peur est l’origine de l’esclavage. C’est aussi l’origine de toute dictature, parce que c’est sur la peur des peuples que croît la violence des dictateurs. Face aux méchancetés et aux laideurs de notre temps, face aux situations qui nous semblent sans issue, nous aussi éprouvons une peur légitime. Nous nous refermons sur nous-mêmes, sur nos fragiles sécurités humaines, sur le cercle des personnes aimées, sur notre routine rassurante.

   Ce repli sur soi, signe de défaite, accroît notre peur des autres. Les inconnus, les marginalisés, les étrangers — qui, soit dit en passant, sont les privilégiés du Seigneur, comme nous le lisons dans un autre chapitre de Matthieu. Et cela se constate particulièrement aujourd’hui, face à l’arrivée de migrants et de réfugiés qui frappent à notre porte à la recherche de protection, de sécurité et d’un avenir meilleur. Certes, il n’est pas facile d’entrer dans la culture des autres, de se mettre à la place de personnes si différentes de nous, de comprendre leurs pensées et leurs expériences. Ainsi nous renonçons souvent à rencontrer l’autre et nous élevons des barrières pour nous défendre.

   Nous sommes appelés au contraire à surmonter la peur pour nous ouvrir à la rencontre. La rencontre avec l’autre est d’ailleurs aussi une rencontre avec le Christ. C’est Lui qui frappe à notre porte affamé, assoiffé, étranger, nu, malade et prisonnier, en demandant qu’on le rencontre et qu’on l’assiste : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Nos yeux peinent à Le reconnaître, avec les vêtements déchirés, les pieds sales, le visage déformé, le corps blessé, incapable de parler notre langue... Mais le Seigneur ne nous abandonne pas ! Même si nous sommes des hommes et des femmes de peu de foi, le Christ continue à tendre la main pour nous sauver et pour permettre la rencontre avec Lui, une rencontre qui nous sauve et nous rend la joie d’être ses disciples.

Homélie de François, Attitudes qui empêchent la connaissance du Christ, 5 mai 2020

Extraits choisis par Dominique Boillat, EAP

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