Editorial

06 décembre 2020

2ème Dimanche de l'Avent

Saint Nicolas, apprends-nous la bienveillance !

 

Cette année, le 2ème dimanche de l’Avent, ce 6 décembre, coïncide avec la fête de Saint Nicolas, l’un des saints les plus vénérés de l’Église orthodoxe et qui figure sur de nombreuses icônes. Son culte, attesté depuis le sixième siècle en Orient, s’est répandu en Occident, depuis l’Italie, à partir du onzième. Canonisé, il a été proclamé protecteur de nombreuses nations et de nombreux corps de métiers. En Alsace, c’est un saint très populaire et aimé des enfants. A l’approche du 24 décembre, il devrait nous aider à entrer dans l’ambiance lumineuse et réconciliatrice de Noël. Hélas, dans les traditions de nos régions, il est trop souvent mal mis en scène sous les traits d’un vieillard à la barbe touffue, à la bonté quelque peu compassée, à l’attitude paternaliste et mièvre envers les enfants. Un fait est d’ailleurs aggravant : la légende des trois enfants coupés en morceaux par un boucher (ancêtre de Rupelz) et rendus à la vie par celui qui fut effectivement évêque de Myre (actuelle Turquie) n’a aucun fondement historique. Tout ce que l’on sait (et encore !), c’est que ce prélat a probablement participé au premier Concile de Nicée, en 325.

C’est au cours de ce concile qu’a été combattu l’arianisme, hérésie très répandue à l’époque et qui affirmait que le « Fils de Dieu » n’est pas « de toute éternité », qu’il n’est pas « de même nature » que le Père, comme nous le professons dans le Credo. Bon point, donc, pour Nicolas : il s’est battu, à Nicée, pour faire reconnaître la nature divine de Jésus, ce qui ne fut pas une mince affaire !

Autre fait sans doute historique : il a été arrêté et torturé au cours de la persécution des chrétiens de 310. Il mérite donc notre vénération, mais il s’agit de faire abstraction du personnage, certes débonnaire, mais trop folklorique. Il faut dire que le vrai saint Nicolas n’a rien gagné en étant phagocyté par le Père Noël !

Santa Claus, son double américain, connaît une gloire mondiale grâce à la publicité d’un célèbre soda inventé à Atlanta. Santa Claus est en réalité le fruit d’un mélange plutôt kitsch entre plusieurs traditions, contes, légendes et folklores, sans lien réel avec l’évêque du quatrième siècle ! Avec l’américanisation, l’uniformisation et, plus grave, la déchristianisation, il devient difficile de revenir à une saine dévotion de saint Nicolas.

Le fil conducteur de l’Avent, proposé cette année par l’Equipe d’animation pastorale de Sélestat, a été placé sous l’injonction du verbe VEILLER. Noël est la fête des petits, pas seulement des petits enfants, mais de tous ceux qui gardent l’esprit d’enfance et savent rester simples.

En ce temps de l’Avent, le saint martyr combattant pour la foi véritable peut nous aider à retrouver une attitude bienveillante authentique, envers les enfants, bien sûr, mais surtout envers chacun de « ces plus petits de nos frères », comme nous y invitait l’évangile de la fête du Christ-Roi (Mt 25).

Avec Nicolas, apprenons à veiller avec bienveillance, envers chacun, dans l’attente de « l’astre levant qui vient nous visiter » (Lc 1,78).         

 

                          Dominique Boillat, EAP

720 - 2020
Jubilé Sainte Odile

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